Danemark : mesures préférentielles pour les immigrés des pays riches

Il y a deux semaines, le ministre de l’Intégration danois Søren Pind avait déclaré qu’il serait ravi d’accueillir des étrangers « utiles » à la société danoise, au détriment de ceux qui coûtent trop cher à l’état. Il vient d’aller plus loin dans sa pensée en proposant que l’immigration au Danemark soit facilitée pour les Canadiens, les Américains, Les Néo-Zélandais, les Australiens et les Japonais qui veulent s’installer au Danemark dans le cadre du regroupement familial (pour vivre avec leur conjoint danois). Ainsi, les citoyens de ces pays riches – à condition qu’ils aient une bonne éducation et beaucoup d’argent – n’auraient pas à passer les tests d’immigration, qui consistent en deux examens assez difficiles (langage et culture).

Peter Skaruup, le président du Partir Populaire Danois, explique que « c’est une très bonne idée » : « les problèmes que nous avons avec l’immigration ne viennent pas des Américains ». Ce n’est pas l’avis du porte-parole des Démocrates Henrik Damn Christensen : « le gouvernement et le Parti Populaire pensent qu’il devrait être plus facile de venir ici avec de bons diplômes et beaucoup d’argent. Mais nous parlons de citoyens danois qui tombent amoureux. Maintenant, il vaut mieux mieux tomber amoureux d’un(e) Américain(e) que d’un(e) Brésilien(ne).«  L’organisation danoise Ægteskab Uden Grænser (« Mariage Sans Frontières ») confirme qu’il est « ridicule » de suggérer que les Américains s’intègrent mieux que les citoyens d’autres nationalités.

Par Marie-Sophie Germain
Source : Politiken

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Danemark : le contrôle au frontières est rétabli

Après plusieurs semaines de discussions, le Danemark, un des états de la zone Shengen depuis 2001, vient d’annoncer sa décision de rétablir le contrôle aux frontières, dans les aéroports, les ports et les trains intertationaux. Le ministre de l’intégration Søren Pind précise qu’il s’agit de mesures douanières dans le but de lutter contre la criminalité, mais qu’il n’était pas questions de fermer les frontières ni de contrôler tous les passeports en permanence. Selon Lone Dybkjær, porte-parole du parti social libéral et ancienne membre du Parlement européen, cette décision n’est pas réalisable : « nous avons 700 km de côtes et nous ne pouvons pas mettre des douaniers tout le long. » 

Le quotidien de droite Jyllandsposten s’indigne de ces mesures qui font honte au Danemark, et les trouve très humiliantes pour un grand nombre de frontaliers qui traversent chaque jour la frontière pour travailler. C’est le cas pour les Suédois de la région d’Øresund par exemple (photo ci-dessus), qui n’ont qu’à traverser le pont en train ou en voiture deux fois par jour. Le maire de Malmö, Ilmar Reepalu, affirme que le Danemark ne peut pas faire de politique intérieure en détournant les lois et les règles. Guido Westerwelle, le ministre des affaires étrangères allemand, est également très critique. Selon lui l’accord Shengen, qui favorise la libre circulation en Europe, ne doit pas être discuté. Le ministre de l’intérieur allemand, Hans Peter Friedrich a déclairé : « au sein de l’UE, on ne s’isole pas ! »

Par Marie-Sophie Germain
Source : Sujets Danois

Danemark : quand l’attribution du permis de séjour se fait à l’aveuglette

Olga Larsen, 40 ans, vit au Danemark depuis 7 ans. D’origine russe, elle s’est très bien intégrée puisqu’elle parle le danois couramment et travaille à plein temps à la Danske Bank. Il ne lui manquait que 15 points pour avoir son permis de séjour lui donnant le droit de vivre avec son mari danois et ses enfants, mais le service de l’immigration en a décidé autrement.

Avec le nouveau système de permis à points, il est demandé aux étrangers – en plus de conditions extrêmement restrictives – d’être un « citoyen actif » en étant bénévole dans une organisation humanitaire ou une association. En juin 2010, Olga se porte alors volontaire pour aider à organiser les tournois pour  les jeunes sportifs dans un club de badmington, et elle devient également membre d’une association russo-danoise.

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Danemark : vers une classification et un triage des étrangers ?

Le Parti Populaire Danois et le nouveau ministre de l’Intégration Søren Pind (photo ci-dessus) ne seraient pas contre une classification des étrangers non-européens, afin de faire le tri entre ceux qui seraient utiles à la société danoise et les autres, qui seraient priés de rentrer chez eux. Un rapport du gouvernement vient de révéler que les étrangers non-européens et leurs descendants coûtent chaque année à l’état 15,7 milliards de couronnes danoises, alors que les immigrés européens, eux, ne coûtent que 2,2 milliards.

« Maintenant que nous pouvons voir qu’il y a tant de différences selon l’origine de ceux qui viennent dans notre pays, je n’ai pas de scrupules à restreindre d’avantage les conditions pour ceux que nous suspectons être un fardeau. D’un autre côté, je serai ravi d’accueillir plus de ces gens qui de toute évidence contribueront à la société danoise », a expliqué Søren Pind.

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Finlande : de plus en plus d’étrangers dans les banlieues d’Helsinki

Pour sa thèse de doctorat, Katja Vilkama étudie les stastistiques migratoires. La chercheuse a découvert que dans la zone de Suvela de la ville d’Espoo (banlieue d’Helsinki), la proportion de personnes parlant une langue natale autre que le finnois (ou le suédois) est passée de 7,6% en 2000 à près de 21% en 2009. Parallèlement, les Finlandais « de souche » sont de plus en plus nombreux à quitter ces banlieues. Le géographe urbain Venia Bernelius explique que ce processus, appelé « white flight », s’il est bien connu dans le reste de l’Europe, n’en est qu’à ses débuts en Finlande. Il ajoute qu’il est très difficile d’inverser ce processus de différenciation ethnique et qu’il est temps d’agir afin d’éviter une ghetthoisation.

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Danemark : la campagne de soutien à Gus Murray l’a sauvé de l’expulsion

Le resserement des nouvelles règles sur l’immigration a encore fait des ravages. Il y a quelques jours, l’Australien Gus Murray annoncait publiquement l’injustice et des ratés de l’administration dont il a été victime : il est expulsé du Danemark parce qu’il a recu une aide sociale pendant quelques mois. Heureusement pour lui, la  médiatisation de son cas, notamment via le site SupportGus.dk lui a permis d’obtenir un nouveau visa de travail… temporaire. Reprenons l’histoire depuis le début.

En 2004, Gustavus (Gus) Aird Murray s’installe au Danemark, avec sa petite amie danoise, qu’il a rencontrée alors que tous deux vivaient en Australie. Gus est titulaire de plusieurs diplômes en business, et a été consultant et chef de projet. En 2007, il décide de décrocher un diplôme à la Business School de Copenhague, et créé même sa petite entreprise. Malheureusement, en 2009, il est contraint de vendre la société aux investisseurs.

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Danemark : les étrangers doivent prendre 600 lecons de danois et parler parfaitement dans les 3 mois

Le gouvernement danois vient une fois de plus de resserer les règles concernant l’accès au permis de séjour pour les étrangers. Avec le nouveau système de points, les demandeurs de titre de résidence qui sont venus dans le cadre du regroupement familial doivent parler un danois presque parfait… avant de venir au Danemark. Selon les nouvelles règles, un immigré est ainsi obligé de prendre 600 lecons de danois. S’il veut risquer le tout pour le tout et tenter sa chance une fois arrivé au Danemark, rappelons que le prix d’un cursus de danois est passé de 15 € à 2260 € (pour 180 h uniquement, le seul cursus validé par l’état).

Le gouvernement a également placé la barre très haut quant au niveau requis, qui passe de A1- à A2, soit une connaissance presque parfaite du langage. De plus, le nouveau test de danois mis en place le 15 novembre dernier est extrêmement difficile et coûte 400 € pour chaque tentative, et il faut le passer dans les 3 mois suivant l’arrivée sur le territoire.

Eva Ersbøll, de l’Institut des Droits de l’Homme, s’insurge : « il y a d’autres pays qui exigent un tel niveau, mais c’est surtout pour l’obtention de la nationalité, pas pour de simples permis de séjour. Maintenant, le Danemark demande que l’on parle parfaitement danois avant même de venir au pays ou de savoir si on a le droit d’y rester. Cela va considérablement limiter les regroupements familiaux. »

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