Danemark : le restaurant Noma accusé de « fascisme et nazisme »


Dans un article du quotidien Politiken, la chroniqueuse Ulla Holm accuse de fascisme la cuisine du restaurant Noma (meilleur restaurant du monde en 2010 et 2011). Ce type de raisonnement rappelle celui d’Antoine Buéno, qui assimile le mode de vie des Shtroumpfs à une idéologie nazie et communiste (vie en collectivité, grand chef tout puissant, Shtroumpfette aryenne, vilains Shtroumpfs noirs, etc…).

Ainsi, selon Ulla Holm, le fait que Noma se focalise sur la gastronomie nordique excluant d’autres types d’aliments d’origines différentes, est une forme de fascisme : « la nourriture que nous mangeons a toujours été impregnée par l’idéologie et – comme pour l’aménagement paysager des années 70 – aujourd’hui il y a des similitudes frappantes entre le fascisme/nazisme et la nouvelle cuisine moderne d’avant-garde scandinave, dont le principal représentant est le restaurant Noma. »

Ainsi, au coeur du fascisme comme des cuisines de Noma, on retrouve la notion de « culture intacte », de « tradition nationale », la « glorification historique », et des valeurs qui « doivent être préservées contre les forces destructrices des peuples de l’extérieur ». Rappelons que René Redzepi (photo ci-dessus) le chef de Noma, est d’origine albanienne. Mais oh malheur, ses serveurs ont été vus en train de porter des chemises brunes, et l’équipe a chaussé des casques de Vikings lors de l’annonce de leur victoire au classement San Pellegrino en tant que meilleur restaurant du monde… Cela explique tout.

Comme le dit Claus Meyer, « pourquoi devrions-nous manger des ordures alors que nous avons beaucoup de potentiel inexploité dans notre propre région ? » Dans sa préface pour le livre sur Noma, il a également écrit : « Noma cherche avant-tout à explorer les ingrédients nordiques afin de donner aux invités une expérience culinaire qui les relie avec le paysage nordique. »

« Le fascisme n’a rien à voir avec la nourriture. Il y a une différence entre la cuisine et une nation »,  explique Soren Frank, critique gastronomique au Berlingske. « Oui, il y a une différence entre les humains et les légumes ! » 

« Il faut se méfier de la tendance généralisée à politiser le culte de diverses formes de l’unicité nationale et du «nationalisme». L’appréciation du goût, de l’odorat, du son, de la lumière ou des couleurs du Danemark pourrait bien être d’une nature purement esthétique, et donc tout à fait innocente. Cela ne devrait pas, par définition, être interprété comme une expression de la haine des étrangers ou comme une dichotomie d’exclusion fondée sur l’origine ethnique et la pureté » conclut Claus Meyer.

Par Marie-Sophie Germain
Source : Politiken

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