Danemark : quand l’attribution du permis de séjour se fait à l’aveuglette

Olga Larsen, 40 ans, vit au Danemark depuis 7 ans. D’origine russe, elle s’est très bien intégrée puisqu’elle parle le danois couramment et travaille à plein temps à la Danske Bank. Il ne lui manquait que 15 points pour avoir son permis de séjour lui donnant le droit de vivre avec son mari danois et ses enfants, mais le service de l’immigration en a décidé autrement.

Avec le nouveau système de permis à points, il est demandé aux étrangers – en plus de conditions extrêmement restrictives – d’être un « citoyen actif » en étant bénévole dans une organisation humanitaire ou une association. En juin 2010, Olga se porte alors volontaire pour aider à organiser les tournois pour  les jeunes sportifs dans un club de badmington, et elle devient également membre d’une association russo-danoise.

En mars 2011, sa demande de renouvellement de permis de séjour est refusée au motif qu’elle n’a effectué que 8 mois de bénévolat et non 12. Olga contacte alors le service de l’immigration afin de savoir si elle peut tout de même renouveler sa demande dans quelques mois. Un employé finit par lui répondre qu’elle n’aura pas de nouveau titre de résidence, car « son travail au club de badmington ne remplit pas les conditions demandées par des activités sensées renforcer le développement démocratique et l’intégration au Danemark, et qu’il n’encourage pas les actes citoyens selon les principes, les normes et les valeurs de la société danoise. »

Olga est très suprise de cette réponse, d’autant plus qu’en janvier 2010, un autre employé lui avait dit au contraire que son volontariat au club de badmington remplissait toutes les conditions nécessaires et qu’elle aurait toutes ses chances. « Je me sens comme une balle que tout le monde se renvoie et j’ai le sentiment que je risque d’avoir autant de réponses différentes que de personnes à qui je pose la question. C’est une situation humiliante », commente Olga. « Je ne vois pas en quoi je serais un fardeau pour la société danoise. Je travaille à plein temps à la banque, je suis bénévole dans un club et je parle couramment danois. » Olga est même membre du parti conservatiste, et a soutenu la réforme de la mise en place du permis de séjour à points.

Marianne Jelved, du parti social libéral, décrit cette situation comme du harcèlement moral. « J’en ai parlé au ministre. Il doit expliquer ce qu’est être un citoyen actif, si le volontariat dans un club et l’adhésion dans une association et un parti politique ne comptent pas » explique-t-elle.

D’autres politiciens trouvent qu’il est absurde que le service de l’immigration ne connaisse pas ses propres règles, à savoir quel type d’activité est considéré comme une activité citoyenne. « Cela montre à quel point le système est opaque. C’est très dur pour ces personnes qui ne peuvent pas recevoir de réponses claires et cela montre que le système repose sur des incertitudes », ajoute Johanne Schmidt-Nielsen.

Mais une fois de plus, la médiatisation de ce cas résoudra peut-être le problème d’Olga, comme ce fut le cas pour Gus Murray. Après avoir présenté son article sur cette affaire, le quotidien Information a annoncé que le service de l’immigration avait accepté qu’Olga dépose une nouvelle demande de permis de séjour d’ici quelques mois, lorsqu’elle aura effectué au total 12 mois de bénévolat.

Par Marie-Sophie Germain
Source : Information

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