Le Danemark, le bordel de la Scandinavie

Un rapport de CNN a comparé les lois suédoises et danoises concernant la prostitution, et en a conclu que le Danemark était « le bordel de la Scandinavie ».  En Suède, les clients de prostituées sont sévèrement sanctionnés et considérés comme des « losers » alors que paradoxalement, vendre ses services en tant que prostituée est légal. Si les prostituées suédoises ne sont pas punies par la loi (alors que leurs clients le sont) c’est parce que la loi les considère comme des victimes d’une forme de violence. Ainsi, le client qui exploite le corps d’une de ces femmes écope d’une douloureuse amende et son crime est notifié publiquement.

Au Danemark au contraire, il est tout à fait légal d’acheter des services aux professionnelles, voire « normal ». En effet, 24% des jeunes hommes âgés de 15 à 19 ans envisageraient d’avoir recours à des prostituées, et 35% des hommes ne voient pas en quoi donner de l’argent ou des cadeaux en échange de services sexuels est un problème. L’un d’entre eux explique même : « c’est comme commander une pizza ».

Kenneth Reinicke, un chercheur à l’Université de Roskilde ajoute : « beaucoup de jeunes hommes pensent qu’il est légitime de payer pour du sexe. Ils se rattrapent en disant que c’est légal, et qu’ils ne peuvent pas savoir ce qui se passe derrière le sourire de ces prositutées accueillantes. Si c’était illégal, ca les forcerait à réfléchir quant à la légitimité de payer pour profiter d’un corps humain. »

Cette attitude très libérée ouvre la porte à une prostitution visible au grand jour, avec pas moins de 500 à 700 maisons closes dans le pays, et de plus en plus de problèmes d’exploitation humaine. Les proxénètes profitent de la forte demande des hommes danois, mais aussi des Suédois qui osent franchir le pont pour s’offrir les services qui sont interdits dans leur pays.

Les Sociaux Démocrates et le Parti Populaire Danois aimeraient adopter le même style de loi que les Suédois. Une prostituée danoise, qui est indépendante depuis plus de 22 ans, pense que criminaliser les clients n’est pas une bonne idée, car cela risque de pousser les « exploitants » et leur victimes encore plus loin : « il est certain qu’ils veulent venir en aide aux femmes étrangères qui sont forcées de faire ce travail. Mais au lieu d’être dans la rue, elles seront enfermées dans des caves. »

Par Marie-Sophie Germain
Source : The Copenhagen Post
Photo : Martin Oeser

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