Finlande : un immigré peut-il devenir un vrai Finlandais ?

Début février, un séminaire sur les questions musulmanes a été organisé au Musée National de Finlande. La ministre de l’intégration Astrid Thors (photo ci-dessus) a discuté des problèmes rencontrés par la communauté musulmane avec deux représentants de la minorité islamique en Finlande, l’imam Walid Hammoud et Pia Jardi, une musulmane d’origine finlandaise. Walid Hammoud est un enseignant en foi islamique dans une école à Helsinki, et vit en Finlande depuis 20 ans. Pia Jardi est une finlandaise qui s’est convertie à l’islam. Voilà les questions qui ont été abordées, et les réponses données par les intervenants.

Quels sont les problèmes internes de la communauté musulmane en Finlande ?

« Les mariages forcés et la polygamie sont un fait réel. Parfois, les hommes musulmans ne veulent pas divorcer, même si le divorce a été légalement prononcé. Ces problèmes doivent être résolus. Le souci c’est que la communauté musulmane n’a pas de représentant officiel. Les sociétés islamiques ne représentent qu’une petite partie de la communauté musulmane », explique Walid Hammoud.

« Il nous faut discuter à propos de l’excision et des crimes d’honneur. Ces pratiques sont illégales en Finlande. La religion ne doit pas être utilisée pour violer les droits. Il y a des problèmes dont il faut parler », commente la ministre Astrid Thors. « La circoncision féminine et les crimes d’honneur ne sont pas des problèmes essentiels dans l’islam, puisque l’islam les condamne », ajoute un homme dans l’assemblée.

Un immigré peut-il être accepté comme un vrai Finlandais ?

« La société ne considère pas les immigrés de seconde génération comme des citoyens finlandais. Ils continueront toujours de rester des immigrés, même s’ils sont nés en Finlande. « Retourne dans ton pays » leur crient des gens, même s’ils sont aussi finlandais qu’eux », regrette Pia jardi.

« La majorité des musulmans n’aime pas le mot « minorité ». Mes enfants sont nés en Finlande et y vivent. Devrais-je leur dire qu’ils appartiennent à une minorité ? Est-ce qu’un Finlandais fait vraiment partie de la minorité quand il se convertit à l’islam ? », demande Walid Hammoud.

« Un individu peut appartenir à la majorité, et en même temps faire partie d’une minorité religieuse. Nous avons déjà des immigrés non pas de seconde génération mais de troisième génération. Il est très intéressant de voir quand un immigré devient un vrai Finlandais », remarque Astrid Thors.

Que faudrait-il faire différemment ?

« Les autorités devront traiter les musulmans avec égalité. L’intégration sociale et l’éducation islamique doivent êtres améliorées. Les enfants musulmans souffrent de ne pas avoir d’enseignement islamique à l’école. Le droit le plus important pour les musulmans est le droit à la liberté de culte », explique Walid Hammoud.

« L’islamophobie ne doit pas être encouragée. La haine ou la peur des musulmans est dangereuse, et prive un groupe de la population d’être protégé par la loi. Si l’intégration sociale échoue, un individu se marginalise, ce qui entraîne à la radicalisation et au racisme mutuel. Ca n’est pas la religion elle-même qui radicalise les gens, mais les inégalités et la perte de dignité humaine », souligne Pia Jardi.

« Nous devons discuter, il n’y a pas de doute. Les services d’immigration sont encouragés à coopérer. Le mot multiculturalisme devient une insulte, ce qui est contre ce pour quoi je me suis toujours battue », conclut Astrid Thors.

Par Marie-Sophie Germain
Source : Helsingin Sanomat
Photo : Jonas Edsvik

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