L’injection létale avec un anesthétique danois est lente et douloureuse

En décembre dernier, l’Oklahoma a commencé à utiliser un produit danois, le pentobarbital du laboratoire danois Lundbeck pour 3 éxécutions par injection létale. Selon le professeur en anesthétie de l’université d’Harvard, David Waisel, « il n’y a aucune documentation prouvant que cette substance peut être utilisée pour anesthésier les gens de cette facon », commente-t-il. « Personne ne connaît la dose recommandée. Les prisonniers ne sont pas traités comme des être humains mais comme des animaux ». Selon lui, la mort serait douloureuse et horrible.

L’Oklahoma avait commencé à utiliser l’anésthétique danois parce que le produit habituel était en rupture de stock. Il a été suivi cette semaine par l’Ohio, et peut-être bientôt par le Texas.
Le Professeur Ty Alper, de l’université de Berkeley, spécialisé dans l’étude des exécutions par injection, affirme que cet anésthésiant ne fonctionne pas dans ce cas de figure : « Il y a un réel danger à ce que les prisonniers soient toujours conscients lorsqu’ils recoivent l’injection finale, ce qui est extrêmement douloureux ». C’est d’ailleurs ce que démontre une étude du Lancet daté de 2005, à propos des anésthésiants peu efficaces : 43% des exécutés sont toujours conscients et souffrent terriblement lors de l’exécution.

L’experte en lois sur la peine de mort Deborah Denno ajoute : « cela veut dire que cette entreprise [le laboratoire Lundbeck] va maintenant être associée à des gens qui meurent. Une entreprise qui produit des subtances pour aider les gens, et qui du jour au lendemain devient une entreprise qui tue des gens ». Le laboratoire Lundbeck a affirmé être contre la peine de mort, et que l’utilisation de pentobarbital pour les exécutions a toujours été contre sa volonté. « Les critiques sur la peine de mort devrait être adressées auprès de ceux qui la mettent en place. Cela n’a rien à voir avec nos produits », regrette Anders Schroll, le directeur de la communication chez Lundbeck.

Anders Schroll ajoute que Lundbeck ne prévoit pas de stopper sa production de pentobarbital afin de stopper l’utilisation de ce produit lors des exécutions.« Le seul moyen d’empêcher ca, c’est de retirer le produit du marché. Mais si nous faisons cela, des patients qui en ont besoin se retrouveront en danger de mort. Les médecins sont d’accord avec nous. Nous ne pouvons rien faire. » En attendant d’éventuels retours de la part des deux états américains, le laboratoire continuera de faire valoir ses positions et d’indiquer que l’utilisation de ce produit n’est pas recommandé pour les exécutions.

La prochaine exécution au pentobarbital Lundbeck est prévue pour le 10 mars. Il s’agira de celle de Johnnie Baston, condamné pour le meutre du commercant Chong Mah en 1994.

Par Marie-Sophie Germain
Source : Politiken

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