Suède : le pays manque d’outils pour combattre l’extrémisme


Lors d’une discussion parlementaire cette semaine, le Démocrate suédois Jimmie Åkesson a lancé le débat sur l’extrémisme violent en Suède, en référence à l’attentat de Stockholm du 11 décembre dernier. Selon lui, cet attentat n’était pas un événement ponctuel, comme en témoignent les préparations d’attentat au Danemark contre le quotidien Jyllands-Posten, ainsi que l’arrestation récente de présumés terroristes somaliens à Göteborg. D’après lui, le débat sur l’extrémisme en Suède est infecté par la peur d’avoir des mauvaises paroles : « nous devons être libres de discuter au lieu de simplement nous accuser les uns les autres ».

La ministre de la justice Beatrice Ask a conseillé à la population de ne pas tirer de conclusions hâtives concernant l’attentat de Stockholm. « La Suède est une société ouverte, où vivent côte à côte des gens ayant différentes origines et différentes convictions religieuses » a-t-elle commenté. « Cependant, il y a des personnes qui refusent d’accepter les fondements de notre société et qui ont prêts à faire du mal aux autres afin qu’ils soient comme eux. » Elle a ajouté que le gouvernement était en train de revoir sa stratégie de prévention de l’extrémisme. « Personnellement, je crois qu’un manque d’espoir dans le futur, dû à un des injustices supposées ou avérées, est ce qui attire certains hommes vers des mouvements extrémistes. Les services de sécurités suédois (Säpo) ont dit que des mesures devaient être prises afin de stopper l’exclusion sociale. »

Åkesson a répondu en soulignant que la Suède ne disposait pas encore un plan d’action national de lutte contre le terrorisme, en soutenant par exemple des lois interdisant aux gens de voyager à l’étranger pour participer à des camps d’entraînement de terroristes. « Nous pouvons affirmer aujourd’hui que nous n’avons pas les outils », dit-il. Il a également appelé à un examen plus approfondi des attitudes des jeunes envers l’islamisme, en faisant valoir que l’islamisme en tant qu’idéologie politique doit être questionné et combattu.

Sven-Erik Österberg, le chef des sociaux-démocrates au parlement, a déclaré que son parti veut coopérer avec les musulmans en Suède et qu’en effet il y a un problème avec « l’extrémisme musulman » en aujourd’hui dans le pays. « Le problème ne doit pas être exagérée, mais il ne faut pas négliger non plus. Ceux qui combattent l’extrémisme ont besoin de notre soutien, contre toutes les formes d’extrémisme », at-il dit.  Österberg également signalé que le gouvernement devrait mettre en œuvre des contrôles plus stricts sur le financement des écoles religieuses publiques et privées.

Maria Ferm, du parti des Verts, a mis en garde contre un contrôle accru et de surveillance dans la société : « si nous donnons un peu de notre liberté pour un peu plus de sécurité, nous risquons de perdre les deux », a-t-elle dit. Elle également mis en garde contre la culpabilité collective des musulmans après des attentats islamiques : « Jimmie Åkesson essaie de faire le rapprochement entre l’homme musulman et l’image typique du terroriste ». Elle a ensuite cité des statistiques comme quoi seulement 0,34% des attaques terroristes étaient perpétrées par des islamistes extrémistes et que les extrémistes de droite et de gauche ont leur part de responsabilité dans la violence en Suède.

Johan Pehrsson, du Parti Libéral, a répondu en disant qu’il y a « un très haut niveau de violence extrémiste en Suède, et pas seulement au sein de groupes d’extrême-gauche ou d’extrême-droite. » « Il y a des incendies, des bombes, des attaques, des menaces et des sabotages », a-t-il commenté, en espérant que de nouvelles mesures aideront les jeunes gens qui souhaitent quitter les mouvements extrémistes.
Lena Olsson, du parti de gauche, a critiqué l’approche des Démocrates dans ce débat. « Ecouter les Démocrates Suédois et leurs solutions xénophobes, c’est comme écouter une guitare avec une seule corde ».

En revenant sur l’estrade, Ask a une fois de plus déclaré que la Suède n’avait pas de plan d’action contre le terrorisme, et a condamné Åkesson pour son refus de participer à des discussions sur la lutte contre le terrorisme à l’Union Européenne. « Ne venez pas me dire que vous vous préoccupez de la lutte contre l’extrémisme quand vous ne comprenez pas que ce travail doit être effectué dans le cadre de l’Union Européenne. Vous ne pouvez pas dire non si en même temps vous voulez défendre la liberté et la démocratie en Suède. »

Åkesson s’est ensuite posé la question de savoir comment Säpo était préparé à combattre le terrorisme : « je me demainde si Säpo avaient le contrôle. Cela n’inspire pas confiance d’apprendre qu’ils ne savaient rien à propos du kamikaze de Stockholm. » Il a également rejeté les arguments disant que la plupart des attentats en Europe n’avaient été commis par des des extrémistes islamiques.
« Vous ne pouvez pas comparer des militants végétariens d’Umeå avec des djihadistes ».

Par Marie-Sophie Germain
Source : The Local

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